16 Janvier : Mzee Laurent Désiré Kabila , Le porte Étendard de la souveraineté nationale.

Chaque 16 Janvier, la République démocratique du Congo commémore la mort de l’un des pères de la souveraineté nationale, déclaré ainsi le héros de la nation pour sa lutte inlassable contre la dictature imposée par le président Mobutu pendant plus de 32 ans dans le pouvoir.

Pour la petite histoire

Né le 27 novembre 1939, selon plusieurs biographes et témoins2, ou le 27 novembre 1941, selon un entretien de 1999, à Jadotville (l’actuelle Likasi) dans le Haut-Katanga3, Laurent-Désiré Kabila appartenait aux ethnies Luba par son père et Lunda par sa mère4. S’il est certain qu’il a accompli ses études secondaires à l’institut Saint-Boniface d’Élisabethville (Lubumbashi), ses études universitaires à l’étranger (Paris, Tachkent ou Belgrade et plus tard à Dar es Salaam) sont controversées5. Ce flou a été entretenu par Kabila lui-même, car le lieu des études était une information personnelle de par sa nature politique et symbolique

De 1967 à 1985, Laurent-Désiré Kabila, suit un double parcours : il est à la fois le chef « révolutionnaire » incontesté d’un maquis peu étendu situé aux alentours de Hewa Bora dans les montagnes de l’extrême sud du Kivu, mais aussi un commerçant qui tire de substantiels bénéfices du trafic d’or et d’ivoire dont il détient le monopole dans son maquis. Après l’effondrement de celui-ci en 1985 (guerres de Moba), on perd la trace de Kabila, dont certains commentateurs affirment qu’il aurait été dans l’entourage d’un autre rebelle, John Garang, chef du plus important maquis soudanais. Résidant principalement à Dar es Salaam, on l’aperçoit aussi à Kampala, en Ouganda, où il entretient des liens amicaux avec le président Yoweri Museveni. Pendant la longue « transition démocratique » zaïroise (1990-1996), ni lui, ni le parti qu’il a fondé en 1967 dans les maquis du Kivu, le Parti de la révolution populaire (P.R.P.), ne participent à la Conférence nationale souveraine qui doit amener le Zaïre vers la IIIe République et qu’il considérera toujours comme une institution « à la solde de Mobutu ».

Kabila sort soudainement de l’ombre en septembre 1996 : il signe à Gisenyi (Rwanda) avec trois autres « rebelles » et exilés zaïrois un protocole d’accord créant l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL) dans lequel les quatre participants s’engagent à œuvrer pour chasser Mobutu du pouvoir. Mais un seul des signataires dispose de combattants pour ce projet. Ils devront donc compter au départ uniquement sur l’apport des troupes et de la logistique militaire des armées rwandaise, ougandaise puis angolaise. Commence alors l’étonnante « anabase7 » militaire et politique qui, en quelques mois, conduit l’AFDL du Kivu à Kinshasa, conquise sans effusion de sang le 17 mai 1997, au lendemain de la fuite précipitée, le 16 mai, du « grand léopard » qui disparaît sans soulever d’émotion dans son pays. Au fil d’une fulgurante avance qui l’étonne lui-même, dit-on, Kabila constitue vaille que vaille un semblant d’armée congolaise, composée essentiellement de jeunes recrues — enfants-soldats — ou de déserteurs des anciennes forces armées zaïroises. Par la suite, il réussira progressivement à éliminer ou à contenir politiquement les trois anciens fondateurs de l’AFDL dont il n’était au début que le « porte-parole ».

Proclamé président, Laurent-Désiré Kabila, qui prétendait n’avoir jamais été Zaïrois efface toute référence à cette dénomination née en 1971 par décision de son prédécesseur : le pays retrouve son nom d’origine, le fleuve est à nouveau rebaptisé Congo, le franc congolais se substitue au nouveau Zaïre, l’hymne national, la devise du pays sont changés

Vision et Lutte

Laurent-Désiré Kabila, est célébré pour son courage et son engagement envers la liberté du peuple congolais. Fidèle à son credo : «Ne jamais trahir le Congo».

Unité et patriotisme au cœur de sa vision
Kabila prônait une RDC unie, où chaque citoyen serait un acteur de la révolution et du développement. « Le Congo, c’est une seule nation, un seul peuple », disait-il, mettant en avant son rêve d’un pays où les divisions cèdent la place à la solidarité.

Plus de deux décennies après sa disparition, Laurent-Désiré Kabila reste une figure inspirante pour de nombreux Congolais. Ses idéaux de patriotisme et son combat pour l’émancipation continuent d’influencer les discours politiques et les aspirations de la jeunesse.

Alors que le Congo commémore chaque année sa mort, l’héritage de Mzee Kabila rappelle l’importance de rester fidèle aux valeurs de souveraineté, de dignité et d’unité nationale.

Debon SIMER MEKAMPAN.

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