SADC : à Durban, la RDC appelle à rompre avec l’exportation des matières premières brutes pour créer des emplois et accélérer leur transformation locale

Le 46ᵉ Sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la SADC s’est tenu ce lundi 17 août 2026 à Durban, en Afrique du Sud, sous le thème de l’industrialisation résiliente, durable et inclusive par le développement des infrastructures, la transformation agricole et la valorisation des minéraux critiques.

La République démocratique du Congo était représentée par le vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et Anciens Combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, qui représentait personnellement le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo à ces assises.

Au nom du chef de l’État, Guy Kabombo a lu son discours dans lequel Félix Tshisekedi a appelé les pays d’Afrique australe à opérer un « changement de paradigme » économique, en rompant avec un modèle centré sur l’extraction et l’exportation des matières premières brutes.

Pour la RDC, l’enjeu est désormais de transformer les ressources naturelles de la région en capacités productives, emplois décents et progrès économiques visibles grâce à la création de chaînes de valeur régionales compétitives.

Dans cette perspective, Kinshasa entend notamment valoriser ses minerais critiques, dont le cuivre, le cobalt et le lithium, mais aussi ses terres agricoles, ses ressources en eau et son potentiel énergétique. L’objectif est d’accélérer la transformation locale, de diversifier l’économie et de renforcer la base industrielle du pays.

Le président congolais a également plaidé pour que les corridors régionaux soient considérés comme des outils de développement et d’industrialisation, et non comme de simples voies d’exportation des matières premières.

Il a appelé à une mise en œuvre effective du Protocole de la SADC sur le commerce, afin de favoriser davantage d’échanges intrarégionaux, d’investissements et de chaînes de valeur créatrices d’emplois.

Face aux contraintes de financement, Félix Tshisekedi a par ailleurs soutenu l’opérationnalisation accélérée du Fonds régional de développement de la SADC, destiné à mobiliser des ressources publiques, des capitaux privés et des instruments financiers innovants.

Sur le plan sécuritaire, le chef de l’État a souligné qu’aucune intégration régionale durable n’est possible sans paix et stabilité. Il a réaffirmé l’engagement de la RDC dans les processus de Washington et de Doha en faveur d’une paix « juste et durable » dans l’Est du pays, tout en évoquant les avancées enregistrées dans le cadre de l’Accord de Washington.

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