La situation humanitaire des Congolais réfugiés au Burundi et en Tanzanie devient de plus en plus préoccupante. Fuyant les violences armées dans l’Est de la République démocratique du Congo, des milliers de familles vivent aujourd’hui dans des conditions précaires, exposées aux maladies, au manque d’abris et à l’insécurité alimentaire. Face à cette urgence, le gouvernement congolais passe à l’action.
Conformément aux instructions du Président de la République, Félix Tshisekedi, données lors de la 70ᵉ réunion du Conseil des ministres, le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Shabani Lukoo Bihango Jacquemain, a présidé, ce lundi 29 décembre, une réunion interministérielle consacrée à la situation des compatriotes réfugiés dans ces deux pays voisins.
Objectif : préparer une mission humanitaire d’urgence destinée à porter assistance aux déplacés, dont les conditions de vie se sont fortement dégradées à la suite des récentes offensives de l’armée rwandaise dans la région d’Uvira, au Sud-Kivu.
Autour de la table, plusieurs membres du gouvernement, notamment les ministres de la Santé publique, des Affaires sociales et Actions humanitaires, des Congolais de l’étranger, de l’Intégration régionale, des Droits humains, ainsi que la vice-ministre des Affaires étrangères. Tous ont dressé un tableau alarmant de la situation sur le terrain.
Le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, a tiré la sonnette d’alarme sur le plan sanitaire. Selon lui, plusieurs camps de réfugiés au Burundi sont frappés par une épidémie de choléra, qui aurait déjà fait de nombreuses victimes, faute de soins adéquats et d’accès à l’eau potable.
De son côté, la ministre des Affaires sociales et Actions humanitaires a été chargée de réévaluer le budget alloué à cette opération, en collaboration avec les experts des ministères de l’Intérieur et des Congolais de l’étranger, afin d’adapter l’aide à l’ampleur réelle des besoins.
À l’issue des échanges, le VPM Shabani a instruit la vice-ministre des Affaires étrangères d’engager rapidement des consultations avec les ambassades du Burundi et de la Tanzanie, ainsi qu’avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), en vue de mettre en place un mécanisme de coordination efficace.
Selon les chiffres avancés lors de la réunion, près de 20 000 ménages, soit environ 200 000 déplacés, sont concernés par cette assistance humanitaire. L’intervention prévue portera notamment sur la fourniture d’abris, l’accès à l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement, les articles ménagers essentiels, les soins de santé, l’aide alimentaire, la protection des personnes vulnérables ainsi que l’accompagnement psychosocial.





