RDC : 25 millions USD injectés dans l’agriculture, le gouvernement cible les marchés internationaux et envisage des restrictions sur les importations

Le gouvernement congolais renforce sa stratégie de relance économique en misant simultanément sur l’agriculture et la protection de l’industrie locale. Une réunion technique présidée par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a permis de faire le point sur un important programme de financement des filières agricoles prioritaires, soutenu par le Royaume-Uni.

Au total, 25 millions de dollars américains ont été mobilisés pour faciliter l’accès au crédit des producteurs locaux, en réduisant les risques liés aux financements agricoles. Cette enveloppe vise en priorité des cultures stratégiques telles que le cacao, le café, le riz, le manioc, le maïs et l’huile de palme, considérées comme des leviers majeurs pour la diversification de l’économie congolaise.

À travers ce programme, le gouvernement ambitionne d’augmenter significativement le volume des exportations des produits “Made in DRC”. Les marchés britannique, américain, asiatique et moyen-oriental sont particulièrement ciblés, dans une dynamique de conquête commerciale déjà amorcée par les autorités.

Le ministre du Commerce extérieur a insisté sur la nécessité d’adapter les mécanismes de financement aux réalités locales, notamment en proposant des taux préférentiels et des conditions d’accès plus souples pour les agriculteurs et exportateurs. Une attention particulière est accordée aux zones post-conflit comme Beni-Butembo-Ituri et la Tshopo, où la relance agricole est perçue comme un facteur clé de stabilisation économique et sociale.

Pour accompagner cette dynamique, une commission mixte d’experts a été mise en place, en collaboration avec les ministères sectoriels, afin d’assurer le suivi technique et la mise en œuvre efficace du programme.

Parallèlement au développement agricole, le gouvernement entend également protéger l’industrie locale face à la concurrence étrangère, notamment en luttant contre les pratiques de dumping.

C’est dans ce cadre qu’une autre réunion a été consacrée à la situation d’une entreprise industrielle active dans la fabrication de matelas en RDC. Les données présentées révèlent une capacité de production locale supérieure à la demande dans certaines provinces du sud du pays.

Face à ce déséquilibre, les autorités envisagent la mise en place de restrictions temporaires sur les importations de produits similaires, afin de soutenir les entreprises nationales, préserver les emplois et limiter la sortie des devises.

Toutefois, ces mesures devraient être prises dans le respect des engagements internationaux de la RDC, notamment ceux liés à l’Organisation mondiale du commerce. Une commission technique a ainsi été chargée de fournir des données complémentaires avant toute décision.

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