ONU : Thérèse Kayikwamba exige un « moment de vérité » et l’application de la résolution 2773 face à l’agression rwandaise

La ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo (RDC), Thérèse Kayikwamba Wagner, a lancé vendredi un appel pressant au Conseil de sécurité de l’ONU, qu’elle exhorte à « un moment de vérité » face à l’agression rwandaise et à la dégradation alarmante de la situation sécuritaire dans l’Est du pays.

S’exprimant devant les membres du Conseil, la cheffe de la diplomatie congolaise a dénoncé l’inaction de l’instance depuis l’adoption de la résolution 2773, censée exiger le retrait du M23 et mettre fin au soutien militaire rwandais aux rebelles. « Pendant neuf mois, ce Conseil n’a pris aucune mesure concrète pour faire respecter sa propre résolution et pour défendre sa propre mission », a-t-elle déclaré, évoquant « une succession d’avertissements sans aucun acte ».

Elle a alerté sur l’aggravation de la crise humanitaire, affirmant que les offensives de la coalition RDF–M23 ont entraîné le déplacement de plus de 500 000 personnes, isolé plusieurs zones et entravé l’accès humanitaire. Elle a également dénoncé la violation de l’Accord de Washington par le Rwanda, accusé de déstabiliser l’Est congolais, des accusations que Kigali rejette.

Kinshasa réclame désormais des mesures fortes. La ministre a demandé la mise en œuvre intégrale de la résolution 2773, l’imposition de sanctions ciblées contre les responsables politiques et militaires de l’agression, un embargo total sur les minerais exportés comme rwandais, ainsi que la révocation du statut de contributeur de troupes du Rwanda aux opérations de maintien de la paix.

« Sans conséquences, les accords n’ont aucun effet. Lorsque les violations ne sont pas punies, l’impunité devient la politique », a-t-elle insisté, mettant en garde contre une régionalisation du conflit et dénonçant une « campagne de désinformation » visant, selon elle, à brouiller les responsabilités.

Thérèse Kayikwamba Wagner a conclu en affirmant que la crédibilité du Conseil de sécurité dépendait désormais de sa capacité à agir : « Soit l’ordre international accepte qu’il est ouvertement mis à l’épreuve, soit ce Conseil assume ses responsabilités. »

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