Le retour médiatique de l’ancien président Joseph Kabila Kabangé, à travers un discours prononcé peu après la levée de ses immunités parlementaires, continue de secouer la scène politique congolaise. Un message à forte portée politique et sociale, dans lequel l’ancien chef de l’État aborde plusieurs axes clés de la gouvernance actuelle, tout en esquissant une critique de la situation nationale.
Dans une interview exclusive accordée à notre rédaction ce samedi 24 mai 2025, le Dr Jean-Denis Balako, coordonnateur interfédéral de la Ligue des Jeunes du Mouvement de Libération du Congo (MLC), s’est exprimé sur l’impact de cette déclaration. Pour lui, si la forme du discours de Kabila a surpris, plus fluide, plus structuré, plus cohérent qu’à l’époque de son mandat, le fond, lui, reste largement discutable. Il y voit un mélange de regrets tardifs, de repositionnement politique et de tentative de réhabilitation.
« Joseph Kabila est plus performant aujourd’hui dans sa posture d’ancien président que lorsqu’il était en fonction. Mais son discours traduit surtout un bilan non assumé, teinté de frustration », commente le Dr Balako.
Ce dernier s’interroge aussi sur la légitimité de Kabila à se poser en donneur de leçons :
« Peut-on faire confiance à quelqu’un qui, pendant 18 ans au pouvoir, n’a pas pu mettre en œuvre ce qu’il propose aujourd’hui comme réformes prioritaires ? » Selon lui, le peuple congolais n’a pas oublié les zones d’ombre du régime passé, notamment la restriction des libertés, l’absence de démocratie participative et la mauvaise gouvernance.
Interrogé sur la situation actuelle du pays, Jean-Denis Balako reconnaît les défis multiples, tout en saluant certains efforts des institutions actuelles, notamment en matière de résilience face aux catastrophes naturelles ou aux contraintes économiques globales.
Enfin, le MLC invite les Congolais à se projeter vers l’avenir et à rester vigilants face à toute tentative de manipulation politique : « L’histoire ne doit pas se répéter. Ce que nous voulons aujourd’hui, c’est une gouvernance ancrée dans la transparence, l’innovation et l’intérêt général. »
Un discours de Kabila, donc, qui relance les débats, mais soulève surtout la question de sa place réelle dans le futur politique du pays. Opportunisme ou volonté sincère de contribution ? Le peuple, lui, tranchera.





