Au lendemain de la signature de l’accord de paix entre Kinshasa et Kigali à Washington, l’Alliance du Fleuve Congo (AFC) et le M23 dénoncent avec virulence leur exclusion du processus. Pour les cadres du mouvement rebelle, cet accord est un exercice de diplomatie creuse.
Bertrand Bisimwa, coordonnateur adjoint de l’AFC/M23, critique un accord qui « privilégie une vitrine diplomatique au détriment des réalités de terrain » :
« Les acteurs internationaux ont favorisé des succès diplomatiques de courte vue, paraphant des accords sans garantie d’exécution. L’absence de sanctions contre Kinshasa, le silence sur les violations, et la focalisation sur les minerais vident ce texte de sa substance. »
Bisimwa déplore également l’oubli total des souffrances humaines :
« On oublie la misère abjecte des populations : pas d’eau, pas d’éducation, pas de soins. Et surtout, les racines ethniques, politiques et sociales du conflit sont ignorées. »
Ce rejet ouvre la voie à un bras de fer politique, fragilisant l’élan de la médiation américaine. Un retour à la case départ n’est pas à exclure si les acteurs armés sur le terrain continuent d’être tenus à l’écart.





