Le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a reçu samedi à Kinshasa une délégation d’activistes venus de Béni, Goma et Masisi, des zones parmi les plus durement touchées par les violences armées dans l’est de la République démocratique du Congo.
Composée en majorité de militants de la société civile et d’anciens acteurs de mouvements citoyens, la délégation est venue porter la voix de populations vivant sous la menace permanente des groupes armés, notamment dans les territoires du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Plusieurs d’entre eux affirment avoir été persécutés ou contraints à l’exil pour avoir dénoncé l’occupation de certaines zones par la rébellion du M23 ou pour avoir refusé de rejoindre ses rangs.
Au cours des échanges, les activistes ont dressé un tableau sombre de la situation sécuritaire et humanitaire dans les zones sous contrôle du M23-AFC, un mouvement que plusieurs d’entre eux disent soutenu par le Rwanda. Ils ont notamment dénoncé l’instauration de taxes illégales imposées aux populations civiles.
« Les habitants sont soumis à des taxes exorbitantes, parfois jusqu’à 45 dollars par personne », a témoigné un membre de la délégation, évoquant une pression économique insoutenable pour des familles déjà appauvries par les déplacements forcés, la perte des moyens de subsistance et l’insécurité chronique.
La délégation a également alerté sur la poursuite des attaques attribuées aux rebelles ADF dans le Grand Nord, particulièrement dans la région de Béni, ainsi que sur la propagation de la violence vers de nouveaux territoires. En Ituri, ont-ils souligné, plusieurs groupes armés continuent d’opérer, aggravant une crise humanitaire déjà critique.
Originaire de l’est de la RDC et lui-même ancien membre de mouvements citoyens, le ministre Floribert Anzuluni s’est montré attentif aux témoignages des activistes. Il a reconnu la gravité de la situation et appelé à une prise de conscience collective face à ce qu’il a qualifié d’agression contre le pays.





