Réunis ce samedi à Livingstone, en Zambie, les ministres de la Défense des États membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) ont tenu une réunion extraordinaire consacrée à la dégradation persistante de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), et à ses conséquences sur l’ensemble de la région.
Les travaux ont été présidés par le Vice-Premier ministre congolais, ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Me Guy Kabombo Muadiamvita, également président en exercice du Comité des ministres de la Défense de la CIRGL. La rencontre s’est tenue dans un contexte marqué par la poursuite des violences armées, les déplacements massifs de populations civiles et une crise humanitaire qui ne cesse de s’aggraver, particulièrement dans l’Est de la RDC.
Dans son discours d’ouverture, le VPM Défense a livré un message sans détour, appelant les pays de la région à assumer pleinement leurs responsabilités. Pour lui, la crise dans l’Est congolais ne peut plus être perçue comme un problème strictement interne à la RDC, mais bien comme une menace directe pour la stabilité de toute la région des Grands Lacs.
« La CIRGL est aujourd’hui à un tournant décisif. Les peuples de la région, tout comme la communauté internationale, attendent des actes concrets, et non de simples déclarations », a-t-il insisté.
Me Guy Kabombo a souligné que la paix ne peut plus être sans cesse repoussée ou conditionnée à des calculs politiques. Il a plaidé pour des mécanismes régionaux crédibles, opérationnels et dissuasifs, capables de protéger efficacement les populations civiles et de mettre un terme aux cycles répétés de violences.
S’adressant à ses homologues, le ministre congolais a exhorté les États membres à parler d’une seule voix, à refuser toute complaisance envers les groupes armés et autres ennemis de la paix, et à traduire les engagements contenus dans les accords de Doha et de Washington en actions visibles sur le terrain.
Un accent particulier a été mis sur l’opérationnalisation effective du Mécanisme Conjoint de Vérification Élargi Plus (MCVE+), présenté comme un véritable test de crédibilité pour la CIRGL et pour la coopération sécuritaire régionale.
Au cours de la réunion, les ministres ont examiné et adopté le rapport de la réunion extraordinaire des Chefs d’état-major général. Ce document appelle notamment au respect strict de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, réaffirme les accords-cadres de Doha et de Washington, et accorde la priorité à la mise en œuvre effective du mécanisme régional de surveillance et de vérification du cessez-le-feu.
Les participants ont également procédé à l’introduction officielle du nouveau commandant et de son adjoint à la tête du MCVE, basé à Goma, une étape jugée importante pour renforcer le dispositif de suivi sur le terrain.
Dans son discours de clôture, le Vice-Premier ministre congolais a mis en garde contre le risque de voir les conclusions de Livingstone rester lettre morte. Il a appelé les États membres à traduire sans délai les décisions prises en actes concrets, au bénéfice direct des populations civiles, premières victimes du conflit.
Il a réaffirmé l’engagement de la RDC en faveur d’une solution politique durable, tout en soulignant que celle-ci doit impérativement s’appuyer sur des mécanismes efficaces, une solidarité régionale sincère et une volonté commune de rompre définitivement avec l’impunité.
Avant de quitter Livingstone pour regagner Kinshasa, Me Guy Kabombo Muadiamvita a signé le rapport final de la réunion, consacrant ainsi les engagements pris par les ministres de la Défense de la CIRGL.





