Affaires coutumières à Kinshasa : vers une commission ad hoc pour désamorcer les conflits à Maluku, Nsele et Mont-Ngafula

Face à la recrudescence des conflits liés à la chefferie coutumière dans plusieurs communes périphériques de Kinshasa, le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et des Affaires coutumières, Shabani Lukoo Bihango Jacquemain, a annoncé la mise en place d’une commission ad hoc. Objectif : statuer sur les différends, restaurer l’autorité coutumière légitime et prévenir de nouvelles tensions intercommunautaires.

Kinshasa cherche à éteindre un feu qui couve depuis plusieurs années. Ce mardi 10 février, le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Shabani Lukoo Bihango Jacquemain, a présidé une réunion stratégique consacrée à la situation des chefs coutumiers dans trois communes de la capitale : Maluku, Nsele et Mont-Ngafula.

Au cœur des échanges : la multiplication des conflits de succession, les contestations d’autorité traditionnelle et les rivalités autour de la gestion des terres. Des tensions qui, dans certains cas, ont fragilisé la cohésion sociale et alimenté des affrontements latents entre communautés.

À l’issue de la réunion, le VPM de l’intérieur a initié la mise en place d’une commission ad hoc chargée de statuer sur les conflits coutumiers dans la ville-province de Kinshasa. Cette structure aura notamment pour mission d’examiner les dossiers litigieux, de vérifier la conformité des désignations aux règles de filiation et de proposer des solutions durables.

Selon des sources proches du ministère, cette démarche vise également à mettre fin aux ingérences politiques dans la gestion des affaires coutumières. Plusieurs conflits enregistrés ces dernières années auraient été exacerbés par des soutiens extérieurs, compliquant davantage les processus traditionnels de succession.

« Il est impératif de restaurer l’ordre coutumier dans le respect des textes et des traditions », a insisté le patron de l’Intérieur, rappelant que la stabilité locale passe par la reconnaissance d’autorités légitimes et consensuelles.

Les communes concernées ne sont pas choisies au hasard. Maluku, Nsele et Mont-Ngafula figurent parmi les zones à forte expansion démographique de Kinshasa. L’urbanisation rapide y a intensifié la pression foncière, transformant parfois les litiges coutumiers en conflits ouverts autour de la terre.

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