RDC : 100 millions USD mobilisés pour le deuxième recensement national, un outil stratégique après 30 ans de vide démographique

Kinshasa, 23 mars 2026 – La République démocratique du Congo (RDC) franchit une étape cruciale pour la reconstitution de ses données démographiques avec le lancement officiel du deuxième recensement national de la population et de l’habitat. Après plus de trois décennies sans données fiables, ce recensement vise à combler un vide historique qui a freiné la planification, la gestion des ressources et la mise en œuvre de politiques publiques efficaces.

Le projet est estimé à 192 millions de dollars et bénéficie d’un financement plurilatéral. La Banque mondiale mobilise 100 millions de dollars, dont 75 millions spécifiquement dédiés au recensement.

La Banque africaine de développement contribue à hauteur de 80 millions, destinés aux opérations de terrain et au renforcement des capacités institutionnelles. Le système des Nations Unies apporte 3 millions de dollars pour l’appui technique et la coordination, tandis que le FMI accompagne le processus dans le cadre de son programme économique global évalué à près de 3 milliards de dollars.

Pour Diene Keita, directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population, « la crédibilité du recensement repose sur son intégrité, et l’intégrité dépend de notre responsabilité collective.

La localisation et l’engagement des communautés sont essentiels : les populations doivent être pleinement informées et associées. Un recensement doit se dérouler dans un esprit de transparence et de confiance, loin de toute polarisation ou politisation. »

Le président Félix Tshisekedi a souligné l’importance stratégique du recensement pour le développement du pays.

« Ce recensement est un levier structurant pour nos politiques sectorielles, notamment dans le domaine agricole qui emploie plus de 70 % de la population active. Il servira également de base à un futur recensement agricole national pour mieux évaluer notre potentiel productif et renforcer notre souveraineté alimentaire », a-t-il déclaré.

Le projet s’appuie sur une cartographie nationale, des outils numériques modernes et un réseau de partenaires techniques, avec pour objectif de produire des données couvrant plus de 40 % des Objectifs de développement durable. Il s’agit d’un instrument essentiel pour la planification et la gouvernance, après trois décennies de déficit statistique.

Selon les experts, l’absence de recensement depuis 1994 s’explique par la combinaison de conflits prolongés, de contraintes financières, de faibles capacités institutionnelles et de sensibilités politiques.

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