La mauvaise gestion des déchets coûte près de 25 millions de dollars américains chaque mois à la République démocratique du Congo. Le chiffre, avancé par la ministre déléguée chargée de la Nouvelle économie du climat lors du dernier Conseil des ministres, relance le débat sur l’assainissement urbain et la valorisation des déchets dans le pays.
Derrière ce montant, il y a une réalité visible dans plusieurs grandes villes : dépotoirs sauvages, caniveaux obstrués, inondations récurrentes et risques sanitaires accrus. À Kinshasa, des milliers de tonnes de déchets sont produites chaque jour, alors que les capacités de collecte et de traitement peinent à suivre la croissance démographique rapide de la capitale.
Mais pour le gouvernement, le secteur ne représente pas uniquement un coût. Il constitue aussi un potentiel économique encore largement inexploité. Selon la ministre, une structuration efficace de la filière pourrait générer 50 000 emplois directs et jusqu’à 150 000 emplois indirects, notamment dans la collecte, le tri, le recyclage, la transformation ou encore la production d’énergie à partir des déchets.
Pour passer du constat à l’action, la ministre a proposé la création d’un Programme national de gestion et de valorisation des déchets, placé sous l’autorité de la Première ministre. L’objectif est d’améliorer la coordination entre les différents ministères concernés et de mettre fin à la dispersion des initiatives dans ce secteur stratégique.
La mise en œuvre se fera en trois phases, avec Kinshasa comme ville pilote. La capitale, confrontée à des difficultés chroniques d’assainissement, servira de laboratoire avant un déploiement progressif dans d’autres provinces du pays.
La ministre a également sollicité la mise en place d’une task force multisectorielle dédiée à la gestion et à la valorisation économique des déchets. Cette structure devrait associer pouvoirs publics, collectivités locales, secteur privé et partenaires techniques afin de bâtir une chaîne complète, de la collecte au recyclage.
Après débats et délibérations, le Conseil des ministres a adopté le dossier, ouvrant la voie aux premières étapes de mise en œuvre. Reste désormais à transformer cette volonté politique en actions concrètes.





