RDC : le débat sur la révision de la Constitution relance tensions politiques et inquiétudes de la société civile

Le débat sur une éventuelle révision de la Constitution congolaise de 2006 secoue la scène politique en République démocratique du Congo, à moins de trois ans de la fin du mandat présidentiel. Entre responsables politiques favorables à la réforme, divisions au sein de la majorité et mobilisation de la société civile, cette question s’impose comme un des enjeux majeurs du pays.

Augustin Kabuya, secrétaire général de la majorité présidentielle, a récemment affirmé que la Constitution pourrait être « touchée », rappelant que des présidents précédents de Mobutu Sese Seko à Joseph Kabila avaient déjà modifié le texte. Selon lui, l’initiative vise à adapter le texte aux réalités actuelles et à moderniser certaines dispositions, notamment sur la gouvernance locale, la représentation politique et les droits politiques.

Toutefois, le débat divise la coalition pro-gouvernementale. Modeste Bahati Lukwebo, deuxième vice-président du Sénat, a critiqué publiquement l’initiative, estimant que le président dispose encore d’un mandat jusqu’en 2028. Cette sortie a provoqué une réaction du Bureau du Sénat, qui s’est désolidarisé, appelant à la cohésion politique et à la stabilité nationale. Le Parlement est également traversé par des tensions, avec des motions et débats sur l’opportunité et le calendrier de toute révision constitutionnelle.

L’opposition, à l’image de Jean-Marc Kabund a Kabund, dénonce un débat « faux » et prématuré, rappelant que le pays fait face à des crises sécuritaires dans l’est. Des organisations citoyennes et des internautes craignent qu’une révision serve à prolonger la présidence au-delà des deux mandats légaux. Des campagnes « Non à la modification de la Constitution » circulent activement sur les réseaux sociaux, traduisant une inquiétude grandissante de la population.

La Constitution congolaise prévoit des procédures précises pour sa révision, impliquant le président, le Parlement et, dans certains cas, une consultation populaire. Des responsables comme Mboso N’kodia, deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, ont souligné que la réforme n’était pas un « tabou » si elle se fait dans le respect des textes.

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