Kinshasa, 7 février 2026 – L’Alliance pour le changement (A.Ch), parti de l’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale Jean-Marc Kabund-a-Kabund, a rejeté la démarche du président Félix Tshisekedi visant à encadrer un dialogue politique national. Lors d’une communication faite samedi à Kinshasa, l’opposant a jugé incohérente l’initiative du chef de l’État, estimant que ce dernier ne peut à la fois fixer les règles du dialogue et en être l’un des principaux protagonistes.
Ancien secrétaire général de l’UDPS et ex-proche collaborateur de Félix Tshisekedi, Jean-Marc Kabund considère que le président de la République est aujourd’hui une partie prenante de la crise politique et sécuritaire que traverse le pays. Il estime, dans ce contexte, qu’un dialogue défini unilatéralement par le pouvoir ne peut produire ni consensus ni paix durable.
« La paix ne se convoque pas comme un meeting. Elle se construit dans l’équilibre, l’inclusivité et la légitimité », a-t-il déclaré, rejetant les critères fixés par le chef de l’État pour encadrer les discussions annoncées.
Selon lui, un dialogue politique suppose l’existence de camps aux positions opposées, prêts à se parler afin de trouver un consensus sur la gouvernance du pays et de renforcer la cohésion nationale. Il a souligné qu’il ne peut y avoir de véritable dialogue que dans un contexte de contestations politiques, voire sécuritaires, susceptibles de perturber la bonne marche de l’État.
Jean-Marc Kabund a également dénoncé ce qu’il qualifie de « monologue politique », estimant qu’un pouvoir contesté ne peut ni choisir ses interlocuteurs ni fixer seul les règles du jeu et les lignes rouges. « C’est politiquement incorrect et contraire à l’esprit même du dialogue », a-t-il insisté.
Le président de l’Alliance pour le changement a rappelé l’urgence, selon lui, de la tenue d’un dialogue national véritablement inclusif, conduit par une facilitation neutre. Il a énuméré plusieurs lignes rouges qu’il juge non négociables, notamment le respect de la Constitution, de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale.
Il a, par ailleurs, posé plusieurs préalables à toute participation de son parti à un tel processus, parmi lesquels la libération des prisonniers politiques et d’opinion, la fin des arrestations et enlèvements arbitraires d’opposants, la liberté de circulation à l’intérieur et à l’extérieur du pays, la cessation des actes d’intimidation à l’aéroport international de Ndjili, le retour des exilés politiques et l’ouverture de l’espace public.
Pour Jean-Marc Kabund, ce n’est qu’en réunissant ces conditions qu’un dialogue national crédible pourra se tenir. Il estime que la crise actuelle en République démocratique du Congo est avant tout sécuritaire, notamment dans l’est du pays, et avertit que l’absence de dialogue pourrait conduire à une crise politique majeure à l’approche des élections générales prévues en 2028.





