RDC : Denis Mukwege alerte sur une « escalade grave » après des attaques contre l’aéroport de Kisangani

Le prix Nobel de la paix Denis Mukwege a dénoncé une « escalade grave » du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo, après des attaques par drones visant l’aéroport de Kisangani, dans la province de la Tshopo. Les frappes, survenues dans la nuit du 31 janvier au 1er février, ont été revendiquées par le mouvement rebelle M23/AFC.

Aucune victime n’a été signalée à ce stade, mais l’attaque a ciblé une infrastructure stratégique dans la principale ville du nord-est du pays. Dans sa déclaration, Denis Mukwege affirme que le M23/AFC reconnaît désormais ouvertement sa collaboration avec l’armée rwandaise, qu’il accuse d’être engagée militairement sur le sol congolais depuis la résurgence du mouvement rebelle en 2021.

Selon le gynécologue congolais, ces événements interviennent dans un contexte régional particulièrement tendu et pourraient raviver les tensions entre le Rwanda et l’Ouganda. Il évoque le souvenir de la « guerre des six jours » de juin 2000 à Kisangani, au cours de laquelle des affrontements entre forces rwandaises et ougandaises avaient provoqué des massacres à grande échelle parmi la population civile congolaise, restés impunis.

Denis Mukwege estime que la reprise des activités du M23 en 2021 est liée aux évolutions des alliances sécuritaires et commerciales de la RDC dans la région, ce qui aurait conduit Kigali à réaffirmer, selon lui, ses ambitions territoriales et stratégiques dans l’est du pays, en violation du droit international.

Le prix Nobel de la paix rejette l’argument des « mesures défensives » avancé par le Rwanda pour justifier la présence de ses forces en RDC. Il rappelle que le Conseil de sécurité des Nations Unies, dans sa résolution 2773 adoptée à l’unanimité, exige le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC, le retrait immédiat et inconditionnel des forces rwandaises, ainsi que le démantèlement des structures illégitimes du M23/AFC.

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