Alors que de vives critiques fusent contre certaines enseignes internationales comme Carrefour en RDC, notamment sur le niveau des prix pratiqués, une question essentielle semble ignorée : le marché congolais protège-t-il réellement ses entrepreneurs et sa production locale ?
Il est facile de condamner des prix jugés excessifs. Mais un simple constat s’impose : même une pomme est importée. Qui peut dire avoir récemment vu une « pomme de Kisasa » sur un étal ? Pas grand monde. Ce symbole en dit long sur le manque criant de production locale, même pour les produits les plus basiques.

Des produits de consommation courante comme la salade, vendue à 1 € en Europe, se retrouvent ici à 10 $ le bol. Pourtant, le Congo ne manque ni de terres ni de soleil. Le problème est ailleurs : manque d’investissements dans l’agriculture, faible accompagnement des producteurs locaux, accès limité aux terres et fiscalité lourde.
Les enseignes que l’on accuse de « tuer le pouvoir d’achat » font venir leurs produits par avion, subissent des droits de douane élevés à l’importation, et doivent ensuite répercuter ces coûts sur le consommateur.
Plutôt que des récupérations politiques et des slogans creux, le débat doit porter sur des enjeux structurels :
• Quelle stratégie pour stimuler la production locale ?
• Comment faciliter l’accès aux terres agricoles ?
• Quel régime fiscal pour encourager l’investissement dans l’agro-industrie ?
• Où est le soutien concret aux agriculteurs congolais ?
• Quand aurons-nous une politique agricole nationale cohérente et ambitieuse ?
Le débat sur les prix est légitime, oui. Mais il mérite de la lucidité, des solutions concrètes et une vision à long terme.





