L’organisation Human Rights Watch accuse le groupe armé M23 et les forces militaires rwandaises d’avoir commis de graves violations des droits humains lors de leur occupation de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, entre le 10 décembre 2025 et le 17 janvier 2026.
Dans un rapport publié ce 14 mai 2026 intitulé « Nous sommes des civils ! », Human Rights Watch affirme avoir documenté des exécutions sommaires, des violences sexuelles, des enlèvements ainsi que des cas de recrutement forcé de civils pendant cette période d’occupation.
Selon l’organisation, les combattants du M23 et les soldats rwandais auraient notamment mené des fouilles de maison en maison dans plusieurs quartiers d’Uvira, ciblant principalement des hommes et des garçons accusés de liens avec les groupes d’autodéfense Wazalendo.
Human Rights Watch indique avoir documenté plus de 50 exécutions sommaires de civils, ainsi que plusieurs cas de disparitions forcées. L’organisation évoque également des tirs contre des civils qui tentaient de fuir la ville vers le Burundi voisin ou vers les collines environnantes.
Le rapport, basé sur plus de 120 entretiens réalisés en mars et avril 2026 auprès de survivants, témoins et proches des victimes, fait également état d’au moins huit cas de viols commis par des combattants du M23 et des soldats rwandais.
Les survivantes interrogées par Human Rights Watch ont dénoncé l’absence de structures sanitaires fonctionnelles pendant l’occupation de la ville, notamment le manque d’accès aux traitements d’urgence destinés aux victimes de violences sexuelles.
L’organisation estime par ailleurs que plusieurs civils enlevés pendant cette période auraient été recrutés de force dans les rangs du M23 et demeurent toujours portés disparus.
Dans ses conclusions, Human Rights Watch appelle à l’ouverture d’enquêtes indépendantes, y compris par la Cour pénale internationale, afin d’établir les responsabilités et lutter contre l’impunité dans l’Est de la République démocratique du Congo.
L’ONG demande également au gouvernement rwandais de cesser tout soutien au M23, tout en appelant les autorités congolaises à mener des enquêtes impartiales sur les violations commises par l’ensemble des parties impliquées dans le conflit.
Human Rights Watch recommande enfin à la communauté internationale de soutenir les mécanismes d’enquête des Nations unies, de sanctionner les responsables présumés des abus graves et de renforcer les initiatives judiciaires destinées à poursuivre les crimes commis dans l’Est de la RDC.





