Kinshasa, 3 mars 2026 – Le gynécologue congolais et Prix Nobel de la paix Denis Mukwege a réagi aux nouvelles sanctions prises par Washington contre des membres des forces armées rwandaises, estimant qu’elles pourraient peser sur l’évolution du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo.
Dans une déclaration diffusée mardi, il affirme que les mesures adoptées par le Département du Trésor américain à l’encontre des Rwanda Defence Force (RDF) et de plusieurs hauts gradés constituent « une étape importante », mais insuffisante face à la gravité de la situation sécuritaire au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
Depuis fin 2021, les autorités congolaises accusent Kigali de soutenir la rébellion du M23, redevenue un acteur militaire majeur dans l’est du pays. Le Rwanda dément ces accusations. Pour Denis Mukwege, les sanctions américaines reconnaissent toutefois « l’ampleur de l’implication extérieure » dans une crise qui a provoqué de nouveaux déplacements massifs de populations civiles.
Le lauréat du Nobel établit un parallèle avec la crise de 2012-2013, lorsque la pression diplomatique internationale avait contribué au recul du M23 après sa prise de Goma. Il estime que la dépendance du Rwanda à l’aide internationale pourrait rendre ces nouvelles mesures dissuasives, à condition qu’elles s’inscrivent dans une dynamique plus large.
Dans son texte, Denis Mukwege appelle explicitement les partenaires du Rwanda à harmoniser leurs positions. Il invite notamment l’Union européenne et plusieurs capitales européennes à suspendre leur coopération sécuritaire avec Kigali et à réexaminer leur assistance budgétaire.
Il s’interroge également sur la participation du Rwanda aux opérations de maintien de la paix des Organisation des Nations unies, jugeant contradictoire qu’un pays accusé d’alimenter l’instabilité régionale continue de contribuer aux missions onusiennes.
Au-delà des sanctions, le médecin congolais insiste sur l’application des résolutions du Conseil de sécurité exigeant un cessez-le-feu immédiat, le retrait des forces étrangères du territoire congolais et la fin de tout appui au M23. Il plaide pour une mobilisation diplomatique plus ferme afin d’éviter un enlisement durable du conflit.





