La Commission nationale des droits de l’homme de la République démocratique du Congo (CNDH) a lancé, le 2 février 2026 à Kinshasa, un appel à témoignages afin de rassembler des informations sur les massacres de civils survenus dans le Kasaï entre 2016 et 2017, lors de la crise dite de Kamuina Nsapu. L’institution souhaite également enquêter sur le meurtre, en mars 2017, des experts des Nations unies Zaida Catalán et Michael Sharp, dont la disparition avait profondément choqué la communauté internationale.
Pour ce faire, la CNDH a mis en place une Mission spéciale chargée d’établir les faits, de documenter les violations des droits humains et du droit international humanitaire, et d’identifier les responsables de ces crimes, qu’il s’agisse d’auteurs directs ou de commanditaires. L’accent sera mis sur les chaînes de commandement impliquées, afin de faciliter d’éventuelles poursuites judiciaires.
L’institution appelle toutes les victimes, témoins ou organisations de la société civile disposant d’informations fiables à se manifester. Les contributions pourront alimenter des rapports publics et servir dans des procédures judiciaires avec le consentement des personnes concernées. La CNDH assure que toutes les informations transmises seront traitées avec la plus stricte confidentialité pour garantir la sécurité des témoins et éviter toute répercussion.
Les personnes souhaitant témoigner peuvent remplir un formulaire disponible sur le site officiel de la CNDH et envoyer leurs contributions par courriel sécurisé, en français, anglais ou tshiluba. L’usage de messageries cryptées comme ProtonMail ou Tutanota est recommandé, et il est conseillé de ne pas inclure d’informations sensibles dans l’objet du message.
La crise de Kamuina Nsapu avait plongé le Kasaï dans la violence, provoquant la mort de centaines de civils et le déplacement massif de populations. L’assassinat des experts onusiens avait, quant à lui, mis en lumière les difficultés de la RDC à lutter contre l’impunité et suscité une vive émotion internationale.
Près de dix ans après ces événements, la relance de cette enquête témoigne de la volonté de la CNDH de faire émerger la vérité, de reconnaître les souffrances des victimes et de contribuer à la réconciliation nationale.





