La République démocratique du Congo commémore la Journée des Martyrs de l’Indépendance en mémoire des événements du 4 janvier 1959, l’un des tournants majeurs de l’histoire nationale. Cette année, la date étant tombée un dimanche, la journée fériée, chômée et payée a été officiellement reportée au lundi 05 janvier 2026 sur toute l’étendue du territoire national. Un ajustement du calendrier qui n’altère en rien la portée symbolique de cette date fondatrice.
À la fin des années 1950, le Congo vit encore sous administration coloniale belge. Dans les centres urbains, particulièrement à Léopoldville, la tension est palpable. Les Congolais, exclus des instances de décision, subissent au quotidien les inégalités sociales et raciales. Les revendications politiques gagnent du terrain, portées aussi bien par les mouvements nationalistes que par une population de plus en plus consciente de ses droits.
L’Alliance des Bakongo (ABAKO), dirigée par Joseph Kasa-Vubu, s’impose alors comme l’une des principales forces politiques du moment. L’interdiction, par l’autorité coloniale, d’un meeting prévu le 4 janvier 1959 agit comme un déclencheur. Ce qui devait être un simple rassemblement politique se transforme en une explosion de colère populaire. Des manifestations spontanées éclatent dans plusieurs quartiers de Léopoldville, avant de dégénérer en émeutes.
La réaction des forces coloniales est rapide et brutale. Les affrontements font de nombreuses victimes parmi la population congolaise, un bilan humain dont l’ampleur exacte reste encore débattue. Mais au-delà des chiffres, le choc est immense. Pour la première fois, l’ordre colonial vacille publiquement. La peur change de camp et le silence imposé depuis des décennies se brise.
Le 4 janvier 1959 devient alors un point de non-retour. À Bruxelles, les autorités belges prennent conscience que la situation n’est plus contrôlable par les méthodes du passé. Les demandes de réformes graduelles ne suffisent plus. Le peuple congolais exprime désormais, de manière ouverte et irréversible, son aspiration à la liberté et à l’autodétermination.
Dans les mois qui suivent, le rythme des événements s’accélère. Les leaders nationalistes, jusque-là marginalisés, sont propulsés au centre du jeu politique. Les négociations s’enchaînent et débouchent, moins de dix-huit mois plus tard, sur la proclamation de l’indépendance du Congo, le 30 juin 1960. Une indépendance obtenue dans l’urgence, mais profondément ancrée dans les sacrifices consentis par les martyrs de janvier 1959.
Aujourd’hui, la Journée des Martyrs de l’Indépendance rend hommage à ces femmes et ces hommes, souvent anonymes, qui ont payé de leur vie le prix de la liberté. En ce lundi 05 janvier 2026, jour officiellement férié, chômé et payé, la commémoration dépasse le cadre symbolique. Elle invite à la réflexion sur l’histoire du pays, sur le chemin parcouru et sur la responsabilité collective de préserver l’héritage de ceux qui ont osé se lever.





