Kinshasa, 23 novembre 2025 — La République démocratique du Congo reste un pays à haut risque pour les journalistes, avertit l’ONG Journaliste en Danger (JED) dans son rapport annuel 2025, publié samedi 22 novembre.
Le document indique que, malgré une baisse apparente des violations par rapport à la période précédente, les professionnels des médias continuent de faire face à des violences graves et à une impunité généralisée. Entre 2019 et novembre 2025, 12 journalistes ont été assassinés et 4 portés disparus sous le mandat de Félix Tshisekedi. À titre de comparaison, sous Joseph Kabila (2001-2018), 15 journalistes ont été tués et 2 portés disparus sur 18 ans, ce qui met en lumière un rythme de violences plus soutenu sur une période plus courte.
Le rapport détaille également d’autres formes de pressions : 59 journalistes ont été incarcérés, 77 interpellés, tandis que 103 ont subi des agressions physiques ou des tortures. Les menaces et harcèlements ont touché 127 professionnels, et 20 pressions administratives, économiques ou judiciaires ont été recensées depuis 2019. Le nombre de journalistes actuellement en prison a augmenté, passant de 24 sous Kabila à 28 sous Tshisekedi.
Pour JED, le problème principal reste l’impunité : les auteurs de violences sont rarement poursuivis, et les enquêtes sont souvent limitées. L’ONG alerte sur le fait que cette situation compromet gravement la liberté de la presse et entrave le débat démocratique dans un pays déjà marqué par des crises politiques et sécuritaires récurrentes.
L’organisation appelle les autorités congolaises à renforcer la protection des journalistes, à mener des enquêtes sérieuses et à mettre en place des mesures concrètes pour assurer un environnement sûr pour la presse, pilier essentiel du fonctionnement démocratique de la RDC.





