RDC : reconnaissance du génocide contre les populations civiles de l’Est par la CADHP et la société civile africaine

Kinshasa, 10 novembre 2025 – La République démocratique du Congo a franchi une étape historique dans sa quête de justice pour les victimes des violences qui déchirent l’Est du pays depuis près de trois décennies. La société civile africaine et la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) ont officiellement reconnu le génocide perpétré contre les populations civiles dans les provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu et Ituri.

Cette double reconnaissance a été annoncée ce lundi par le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba. « Deux résolutions ont été adoptées, l’une par la société civile africaine, l’autre par la Commission africaine, reconnaissant le génocide commis dans l’Est de notre pays », a déclaré le ministre, qualifiant cette étape de « victoire diplomatique collective ».

Selon Me Mbemba, cette avancée est le fruit d’un plaidoyer coordonné initié par le président Félix-Antoine Tshisekedi et soutenu par la Première ministre Judith Suminwa, avec la participation du ministère des Droits humains, du cabinet présidentiel, de la Commission interministérielle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIA-VAR) et du Fonds national d’indemnisation des victimes (FONAREV).

« Cette reconnaissance est à la fois une source de fierté et de tristesse, car elle rappelle l’ampleur des souffrances endurées par nos populations », a ajouté le ministre, invitant tous les Congolais à s’approprier cette lutte pour la vérité et la justice.

La résolution CADHP/Res.643 (LXXXV) 2025, adoptée le 30 octobre lors de la 85ᵉ session de la Commission, condamne fermement les crimes internationaux, y compris le génocide, et se réfère explicitement au rapport Mapping de l’ONU, qui établit « au-delà de tout doute raisonnable » l’existence d’actes de génocide dans les massacres systématiques survenus depuis 1997. Une seconde résolution adoptée par la société civile africaine confirme cette reconnaissance.

Pour le gouvernement congolais, cette avancée constitue un tournant dans le long processus de quête de justice et pourrait inciter d’autres États et institutions internationales à se prononcer. « Le silence ne profite pas aux victimes », a insisté Me Mbemba, soulignant la nécessité d’un engagement mondial face à ces crimes.

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