RDC : à Kinshasa, Jacquemin Shabani lance les Conversations nationales sur la gouvernance locale, dans un climat de crises institutionnelles en provinces

Le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemin Shabani Lukoo, a ouvert ce lundi à Kinshasa les Conversations nationales sur la gouvernance provinciale et locale pour la prévention de l’extrémisme violent.

Organisées du 3 au 6 novembre sous le leadership du Gouvernement central, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et le Secrétariat National pour le Renforcement des Capacités (SENAREC), ces assises rassemblent les délégués de 11 provinces : Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Maniema, Tanganyika, Kasaï, Kasaï Central, Mai-Ndombe, Kwango, Kwilu et Kinshasa.

Ces rencontres visent à renforcer la compréhension collective des facteurs de fragilité et de radicalisation dans les territoires, et à proposer des solutions fondées sur la bonne gouvernance, la cohésion sociale et la sécurité humaine.

Dans son allocution, le VPM Shabani a appelé les acteurs provinciaux à « replacer la bonne gouvernance au cœur de la prévention de l’extrémisme » et à bâtir des institutions locales fortes, inclusives et responsables. « La sécurité des citoyens, a-t-il souligné, ne relève plus uniquement des forces de l’ordre ; elle se construit dans les écoles, les marchés, les chefferies, les administrations et les villages — partout où le citoyen se sent écouté et respecté. »

Le message traduit la volonté du Gouvernement Suminwa de redonner du sens à la décentralisation, longtemps freinée par des conflits de compétences, des querelles politiques et une faible capacité de gestion locale.

Cette initiative intervient dans un contexte de turbulences au sein de plusieurs institutions provinciales. Depuis le début de l’année, plusieurs Assemblées provinciales ont été secouées par des motions de censure, des suspensions d’exécutifs ou des blocages budgétaires. Dans certaines provinces du Grand Kasaï ou du Kongo-Central, des tensions entre gouverneurs et députés ont paralysé l’action publique, tandis que dans l’Est, les défis sécuritaires continuent d’affaiblir la gouvernance et la confiance entre les populations et les autorités.

Ces crises répétées ont mis en évidence la nécessité d’un dialogue national sur la gouvernance locale, afin de repenser les rapports entre l’État central, les provinces et les entités territoriales décentralisées.

Les travaux de Kinshasa devraient déboucher sur des recommandations opérationnelles pour l’élaboration d’un Cadre national de gouvernance et de sécurité humaine, intégrant les dimensions de prévention, de cohésion et de responsabilité partagée. 

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