Rentrée houleuse à l’Assemblée nationale : pétitions, finances publiques et défis sécuritaires en débat

Kinshasa, 15 septembre 2025 – La session ordinaire de septembre s’est ouverte ce lundi dans un climat politique tendu au Palais du Peuple. Traditionnellement consacrée à l’examen du projet de loi de finances pour l’année suivante et à la reddition des comptes de l’exercice écoulé, cette rentrée parlementaire s’annonce mouvementée, marquée par des enjeux budgétaires, sécuritaires et institutionnels.

L’ambiance de la plénière d’ouverture a été assombrie par la circulation de pétitions visant à destituer les présidents des deux chambres : Vital Kamerhe à l’Assemblée nationale et Jean-Michel Sama Lukonde au Sénat.

À la chambre basse, les griefs contre Vital Kamerhe sont nombreux : gestion opaque des fonds, manque de transparence, non-respect du règlement intérieur, accusations de dérive autoritaire et même de malversations financières. Certains députés lui reprochent également une forme « d’incompétence » à diriger le bureau de manière collégiale.

Selon plusieurs sources, plus de 200 députés auraient déjà signé la pétition réclamant son départ, une démarche qui accentue les tensions au sein de la majorité présidentielle.

Comme chaque année, le dossier prioritaire de la session de septembre reste l’examen du budget national. Pour 2026, le gouvernement a déposé un projet évalué à 20,3 milliards de dollars américains (soit 59 020,5 milliards de francs congolais), en hausse de 16,4 % par rapport au budget rectificatif de 2025.

Ce budget devra être confronté à la reddition des comptes de l’exercice 2024, un moment crucial pour mesurer la réalité de la gestion financière de l’État. Plusieurs parlementaires insistent déjà sur la nécessité d’une transparence accrue et d’une meilleure répartition des ressources, dans un contexte où les attentes sociales demeurent immenses.

La situation sécuritaire dans l’Est de la RDC s’invite également dans l’agenda parlementaire. Les affrontements persistants avec les groupes armés, les tensions régionales et les crises humanitaires font de la restauration de la paix et de l’intégrité territoriale une urgence nationale. Plusieurs voix au sein des deux chambres plaident pour un suivi strict de l’action gouvernementale sur le terrain sécuritaire, estimant que la stabilité institutionnelle et économique du pays en dépend.

Alors que la rentrée parlementaire devrait être placée sous le signe de l’apaisement et de la cohésion, les tensions internes risquent de perturber les travaux. La société civile, de son côté, attend du Parlement des réponses concrètes aux difficultés quotidiennes des Congolais : amélioration des services sociaux de base, mise en œuvre effective des projets d’infrastructures, et lutte déterminée contre la corruption.

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