Rutshuru, 7 juillet 2025 — La situation humanitaire continue de se dégrader dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu), où au moins 1000 habitations ont été réduites en cendres depuis le début du mois de juin. Les auteurs de ces incendies sont, selon plusieurs sources locales, les rebelles du M23 et de l’Alliance du Fleuve Congo (AFC), soutenus militairement par les Forces rwandaises de défense (RDF).
Les localités les plus touchées sont Tongo, Bambo, Bishusha et Gihondo, où les attaques ont entraîné des déplacements massifs de population. Des familles entières, n’ayant pu fuir à temps, dorment à la belle étoile ou trouvent refuge dans des conditions précaires. D’autres, plus chanceuses, ont pu rejoindre des camps de déplacés, fuyant des exactions qui rappellent les heures les plus sombres du conflit.
Le défenseur des droits humains Aimé Mukanda, très actif dans la région, dénonce une politique systématique de terre brûlée et de déportation ciblée :
« Les RDF considèrent tous les Hutus congolais comme des FDLR et les expulsent de force vers le Rwanda, sous couvert de lutte contre les groupes armés. »
La société civile appelle les autorités congolaises et les partenaires internationaux à agir en urgence pour mettre fin à l’impunité et protéger les civils piégés dans ce conflit de plus en plus brutal.
Pendant ce temps, le silence des instances régionales et internationales interroge, face à des actes qui pourraient relever de violations graves du droit international humanitaire.





