Le cardinal Fridolin Ambongo appelle les dirigeants congolais à relancer le dialogue national sans exclusion. Selon l’archevêque de Kinshasa, la force militaire ne suffira pas à ramener une paix durable en République démocratique du Congo, alors que les combats se poursuivent dans l’est du pays.
« Un dialogue qui exclut ceux avec qui l’on est en guerre n’est pas un dialogue : c’est un monologue », a déclaré le prélat lundi 26 octobre 2026, à Assise, en Italie, lors d’une rencontre internationale pour la paix organisée par la Communauté de Sant’Egidio. Il a déploré le blocage du processus de dialogue, marqué, selon lui, par des préalables, des lignes rouges et des désaccords sur les participants.
« Sans dialogue, il n’y aura pas de paix. La force militaire seule n’apportera pas la paix au Congo ; seul un processus politique inclusif le pourra », a-t-il insisté, appelant les responsables politiques à avoir le courage de dialoguer même avec ceux qu’ils considèrent comme des adversaires.
Le cardinal a rappelé que l’Église catholique et l’Église du Christ au Congo (ECC) ont proposé le « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble », une initiative destinée à favoriser l’écoute mutuelle et à reconstruire la cohésion nationale autour d’un idéal commun. Il a également indiqué que les responsables religieux avaient accepté la mission qui leur avait été confiée après l’appel du chef de l’État, en juillet dernier, à un dialogue national inclusif.
Au-delà de la question politique, Fridolin Ambongo a dénoncé l’exploitation des ressources naturelles de la RDC, notamment le coltan, la cassitérite et l’or, qu’il estime être au cœur des intérêts qui alimentent le conflit. Il a appelé la communauté internationale à passer des déclarations aux actes et à ne plus fermer les yeux sur les échanges commerciaux qui contribuent au financement de la guerre.
Le prélat a aussi mis en garde contre la haine ethnique, les discours qui déshumanisent l’adversaire et l’instrumentalisation de la religion pour justifier les violences. Reprenant l’appel du pape Léon XIV, il a plaidé pour une paix « désarmée et désarmante, humble et persévérante ».
Aux dirigeants de la RDC et de la région des Grands Lacs, le cardinal a demandé de « rouvrir la voie du dialogue, sans exclusions et sans préalables qui le rendent impossible ».
« La force des armes produit des vainqueurs et des vaincus, des veuves et des orphelins. La force du dialogue produit des frères », a-t-il conclu.
Cette intervention intervient dans un contexte de recherche d’une issue politique à la crise sécuritaire dans l’est de la RDC, où les initiatives diplomatiques n’ont pas encore permis d’instaurer une paix durable.





