Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) durcit ses consignes à l’égard des médias congolais concernant la couverture du Front pour la refondation de la nation (FRN) et des groupes armés qui lui sont associés. Dans une recommandation adoptée le 15 octobre 2026 et signée le 19 octobre à Kinshasa par son président, Christian Bosembe Lokando, l’organe de régulation appelle les professionnels des médias à ne plus offrir d’espace d’expression aux responsables et membres de ce mouvement.
La directive concerne notamment les journalistes, présentateurs, animateurs, producteurs, analystes, chroniqueurs et créateurs de contenus numériques. Elle leur demande de ne pas diffuser d’interviews, de déclarations en direct, d’appels téléphoniques ou d’autres interventions permettant aux dirigeants, porte-parole et représentants du FRN de s’exprimer sur les antennes ou les plateformes médiatiques.
Au-delà de la prise de parole de ses membres, le CSAC met en garde contre la diffusion de communiqués, de reportages de propagande et de productions susceptibles de promouvoir les activités de mouvements armés cherchant, selon le document, à renverser les institutions établies en République démocratique du Congo.
L’autorité de régulation vise également les contenus qui justifient ou valorisent les actions de la rébellion, minimisent les violences commises ou présentent favorablement les atteintes à l’intégrité territoriale et à la stabilité des institutions. Elle demande aux médias d’éviter toute diffusion susceptible de faciliter le recrutement de combattants, de susciter des adhésions ou de mobiliser des soutiens politiques, matériels ou moraux en faveur de ces mouvements.
La recommandation s’étend par ailleurs aux représentants des partis politiques interdits en RDC, auxquels les médias sont appelés à ne pas accorder de tribune.
Ces restrictions concernent l’ensemble des canaux audiovisuels et numériques, sans distinction de format, de support, de statut professionnel ou d’audience. Le CSAC avertit que les violations établies de cette directive pourront entraîner des sanctions conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur.
Avec cette mesure, le régulateur entend empêcher que les médias servent de relais à la propagande des groupes armés et à la glorification de la violence, tout en rappelant aux acteurs du secteur leurs obligations légales et déontologiques.



