RDC : Carlyto Lassa, ancienne voix de la rumba congolaise devenue pasteur, est décédé à 65 ans aux États-Unis

La musique congolaise est en deuil. Carlyto Lassa, l’une des voix marquantes de la rumba congolaise devenue pasteur et chantre gospel, est décédé lundi 31 août à Cincinnati, aux États-Unis, à l’âge de 65 ans. L’annonce de sa disparition a été rapportée par le Forum des Congolais de Cincinnati et reprise par plusieurs médias congolais.

De son vrai nom Charles Ndombasi Lassa, l’artiste séjournait à Cincinnati dans le cadre d’une campagne d’évangélisation organisée les 29 et 30 août. Sa disparition est survenue au lendemain de cette activité religieuse. Les premières informations disponibles ne permettent pas encore d’établir avec certitude les circonstances médicales de son décès.

Carlyto Lassa laisse derrière lui une carrière qui aura traversé plusieurs générations et deux univers musicaux. Né le 15 janvier 1961 au Kongo-Central, il commence sa carrière musicale à la fin des années 1970. Il se fait notamment remarquer dans l’entourage du mythique OK Jazz, avant de rejoindre Choc Stars, où sa voix contribue à plusieurs succès de la musique congolaise.

Sa voix reste notamment associée à « Maya », l’un de ses titres les plus emblématiques, ainsi qu’à plusieurs œuvres qui ont marqué la rumba congolaise. Son passage par Choc Stars, aux côtés de plusieurs grandes figures de la scène congolaise, contribue à installer durablement son nom dans l’histoire de cette musique.

Dans les années 1990, Carlyto Lassa poursuit également une carrière solo et s’installe en France. Son album « Africa na moto », sorti en 1996, porte notamment le titre « Makolo ya Masiya ».

Au début des années 2000, l’artiste opère un tournant majeur. Il délaisse progressivement la musique profane pour se consacrer à la foi chrétienne, au gospel et au ministère pastoral. Il publie notamment « La Reconnaissance » en 2001 et « Confiance – Kili Kili Azongi » en 2004.

Cette nouvelle orientation ne l’éloigne pas de la musique. Au contraire, sa voix devient désormais un instrument au service de son engagement religieux. En juin 2026, quelques semaines avant sa disparition, Radio Okapi lui consacrait son émission « Le Grand Témoin », dans laquelle il revenait sur son parcours et expliquait son engagement dans la musique chrétienne.

La disparition de Carlyto Lassa marque ainsi la fin du parcours d’un artiste au destin singulier : de la rumba congolaise au ministère pastoral, il aura consacré plusieurs décennies à la musique avant de mettre sa voix au service de sa foi.

À 65 ans, il laisse une double empreinte dans la mémoire congolaise, celle d’une voix emblématique de la rumba et celle d’un pasteur et chantre engagé dans la musique chrétienne. Les hommages devraient désormais se multiplier en RDC et au sein de la diaspora congolaise.

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